au jour le jour 5
Merci pour tous vos messages dont la (re)lecture est la priorité lors de chacune de mes visites à l'hôpital.
Vu Luc en coup de vent ce soir. Assez fatigué. A dormi toute l'après-midi et les nausées commencent à apparaître. Encore deux jours (sur 6) de chimio et la 1ère cure sera finie dimanche. Trois ou quatre jours d'observation pour vérifier qu'il n'y a pas de dommages collatéraux avant d'entrer en "aplasie". "En attendant l'aplasie".... voilà un bon titre de livre, c'est porteur..... Je le sens !
Bon, je continue. Qu'est ce que l'aplasie ? Je vais jouer ma wikisabelle. La plupart d'entre vous connaissez peut-être déjà ce terme. Pour les autres, dont nous faisions partie, Luc et moi, il y a encore quelques mois, je vais vous éclairer.
Donc, l'aplasie est la chute vertigineuse des globules blancs : les lymphocytes, détruits pendant la chimio. Résultat : plus de défenses immunitaires et la moindre infection, virus ou bactérie, c'est Fukushima pour Luc. L'aplasie survient environ une semaine après le début de la chimio et dure en 3 et 5 jours. Cette période là n'est pas facile à vivre. Le malade est isolé dans une chambre (pas en chambre stérile, ce n'est pas la même chose), où personne ne doit rentrer sans être revêtu de gants, blouse, charlotte et truc pour les chaussures. Les visites sont réduites à 2 max par jour. On ne peut rien apporter, ni livre, ni revue, ni ordi, ni nourriture. Manteaux et sacs à main doivent être enfermés dans le cabinet de toilette.
Les infirmières elles-mêmes ne rentrent que 4 fois par jour pour les soins et le matériel (stérile) ne quitte pas la chambre non plus. Pyjama et linge stériles, changés tous les jours, nourriture stérile (beurk, c'est déjà pas bon), etc... La dernière fois, la "petite plaisanterie" a duré 3 jours avant que les globules blancs ne daignent remonter. C'est à ce moment-là que l'on peut envisager un retour à la maison, sauf que dans le cas de Luc ce sera le retour de la chimio suivante et ce pendant.... 8 cures...
Voilà c'était le message du soir.
J'ai laissé Luc assis en tailleur sur son lit entrain de grignoter une galette bretonne, visiblement satisfait du butin que je lui avais rapporté aujourd'hui. Elle est pas belle la vie ?!